J’AI MAL À MA MEUSE…

Dimanche soir, un des reportages de l’émission « Sept à Huit » portait un nom évocateur « drogue dure au village » et ce reportage avait pour cible le département de la Meuse.

Je suis né le long de la Meuse dans le premier village des Ardennes lorsque l’on descend la rivière. Aujourd’hui, je suis médecin, j’habite en Meuse et je travaille à Saint-Dizier, dans la Haute-Marne, à quelques kilomètres du département de la Meuse.

La Meuse (55), les Ardennes (08), ou la Haute-Marne (52) sont trois départements contigus. Ils sont tous les trois des départements ruraux faisant face aux mêmes difficultés économiques. La crise est passée par là, la fermeture des usines, la perte des emplois et depuis 20 ans, c’est la jeunesse qui en a fait les frais. Ces départements vieillissent et se dépeuplent. Ils ont tous les trois été exposés à une épidémie de drogue et de toxicomanie. Mais, chacun s’est mobilisé différemment tant du côté médical, sanitaire, addictologique, judiciaire ou en termes de RDR.

Aujourd’hui, le zoom est mis sur le département de la Meuse, mais quand je regarde ce reportage, je ne retrouve pas mon quotidien, ni les usagers meusiens que je rencontre. Ce reportage est bourré de clichés, d’images faciles, de mauvais discours médicaux, des toxicomanes passifs face à des morales de café du commerce (avant qu’il ne soit fermé).

Mais quel est l’objectif d’une telle émission ? Quel est son message ? À qui est-elle destinée ? Moi, j’ai honte !

Et au détour des images, un usager est présenté en ajoutant « en plus, il a une hépatite C ». On ajoute rien, pour un peu, il faudrait comprendre « c’est un vrai toxicomane et en plus, il a une hépatite C ».

Bravo la stigmatisation ! On oublie juste de dire qu’aujourd’hui, il pourrait facilement en guérir.

Alors Monsieur Harry Roselmack, laissez-nous, nous les usagers et les gens de terrain, laissez-nous trouver ensemble les solutions qui nous conviennent. Pas de misérabilisme, ni de triomphalisme, il n’y a pas une toxicomanie des villes et une toxicomanie des champs. Il y a des produits et des usagers qui s’adaptent à leur environnement.

La Meuse est un défi à relever, tout est à faire, mais avec les usagers et avec tout ceux qui acceptent de se retrousser les manches.

SOS Hépatites sera là.

 

Pascal Mélin

 

 

L’OBLIGATION VACCINABLE EST APPLICABLE

 La loi du 30 décembre 2017 de financement de la sécurité sociale pour 2018 a étendu l’obligation vaccinale de trois à onze vaccins, afin d’obtenir une protection collective contre des maladies évitables par la vaccination et ainsi limiter les risques d’épidémie et diminuer la mortalité infantile.

Le décret précise les modalités de mise en œuvre des conditions de réalisation des nouvelles obligations vaccinales pour les jeunes enfants et les modalités de la justification de la réalisation de ces obligations pour l`entrée ou le maintien en collectivités d`enfants.  

Le décret est applicable dès ce 26 Janvier 2018

Pour rappel les vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite – réunis dans le vaccin dit “DTP” – étaient déjà obligatoires avant le début de cette année.

S’y ajoutent désormais les vaccins contre la coqueluche, contre rougeole-oreillons-rubéole, hépatite B, bactérie Haemophilus influenzae, pneumocoque et méningocoque C.

Le décret reprend de nombreuses propositions portées par SOS Hépatites.

L’enjeu majeur consiste désormais à accompagner l’obligation vaccinale (voir le communiqué de France Asso Santé)

Merci aux militants pour leur mobilisation,

Retrouver l’intégralité du décret ici