TÉMOIGNEZ – VACCINATION CONTRE LA GRIPPE : VOUS ÊTES PRIORITAIRE, VOS DIFFICULTÉS

Madame, Monsieur,

La campagne de vaccination contre la grippe 2020-2021 est ouverte depuis le 13 octobre mais sur le TERRAIN :

  • des ruptures de stock ont eu lieu dès le 1er jour ;
  • certaines pharmacies proposent une liste d’attente ;
  • dès le 20 octobre, la tension est nationale et persiste malgré des livraisons de vaccins.

CONSTAT :

Le public est fortement mobilisé pour se faire vacciner !

CONSÉQUENCE :

Malgré l’angoisse et le stress de risquer de combiner le virus de la grippe au nouveau coronavirus, des personnes à la santé déjà fragile ont tellement de mal à obtenir la dose de vaccin contre la grippe (nombreux échanges téléphoniques avec les pharmacies, plus de dose disponible quand elles se déplacent, etc.) qu’elles finissent par renoncer à la vaccination.

C’est inacceptable ! Ne renoncez pas à votre vaccin contre la grippe !
Vous êtes une personne à risque, une personne proche, un.e professionnel.le de santé, la campagne de vaccination contre la grippe vous concerne donc prioritairement.

Vous rencontrez, avez rencontré des difficultés pour obtenir le vaccin.

Vos témoignages sont précieux pour :

  1. Informer les autorités de santé publique des difficultés rencontrées par la cible prioritaire de la campagne,
  2. Apporter toutes adaptations à la campagne de vaccination en cours,
  3. Atteindre notre objectif collectif de protéger les personnes à risque et prioritaires.

Rejoignez-nous, témoignez, anonymement :  « TÉMOIGNEZ ICI : vaccination contre la grippe – Vous êtes PRIORITAIRE mais rencontrez des DIFFICULTÉS » (lien mis à jour)

RAPPEL :

  1. Vous êtes concerné.e mais vous n’avez pas reçu de bon de prise en charge de la sécurité sociale (CPAM). Le médecin ou le pharmacien peuvent vous l’éditer.
  2. La campagne de vaccination contre la grippe 2020-2021 en contexte COVID-19 est inédite. Lancée le 13 octobre 2020, elle se terminera le 31 janvier 2021.

Dans un premier temps, du 13 octobre au 30 novembre, les doses de vaccins contre la grippe saisonnière seront UNIQUEMENT réservées cette année aux personnes munies d’un bon de la CPAM. La cible est large : les personnes de plus de 65 ans, les femmes enceintes, les personnes qui ont des problèmes vasculaires, qui sont atteintes d’une maladie hépatique chronique avec ou sans cirrhose, qui sont atteintes du VIH, qui souffrent d’insuffisance respiratoire, de bronchite chronique, d’asthme, de diabète, les personnes en surpoids ou souffrant de troubles neurologiques, les personnes immunodéprimées, sous chimiothérapie, les personnes greffées ou en attente de greffe…, sans oublier les professionnels de santé.

L’entourage des personnes à risque est également concerné.

Dans un second temps, après le 30 novembre, les doses de vaccins seront accessibles à l’ensemble de la population prioritaire et non prioritaire.

SOS hépatites Fédération, partenaire officiel de la SEV (Semaine Européenne de la Vaccination).


Plus d’informations :

– « Contre la grippe : la vaccination pour les plus fragiles, les gestes barrières pour tous », Ameli, 10/11/2020

– « Contre la grippe, nous avons la chance d’avoir un vaccin » : lancement de la campagne d’information, Ameli.fr, 13/10/2020

Vaccination-info-service.fr

PÉNURIES DE MÉDICAMENTS : LE CHOIX DE L’INACTION

Pénuries de médicaments : le choix de l’inaction – L’assemblée nationale rejette une proposition sénatoriale

Ce mardi 24 novembre  l’assemblée nationale a rejeté une importante mesure proposée par le Sénat visant à établir une obligation de stock de sécurité de quatre mois de couverture des besoins pour les médicaments à intérêt thérapeutique majeur.

Les pénuries de médicaments montrent une dynamique exponentielle, les enquêtes1,  dévoilant les conséquences pour les personnes malades s’accumulent, la majorité des Députés fait pourtant délibérément le choix de la passivité et de l’inaction.

Le vote a fait l’objet d’un scrutin public, retrouvez ici le détail des votes.

81 Députés et Députées se sont donc exprimés pour la suppression de cette mesure proposée par le sénat, nous leur rappellerons cette responsabilité.

Une mission sénatoriale mentionnait en 2018 une moyenne des pénuries de médicaments de 14 semaines. La constitution de stocks de médicaments est désormais vitale.

Il n’existe aucun argument tangible pour s’opposer à la constitution d’un stock de médicaments de 4 mois de couverture des besoins pour les médicaments à intérêt thérapeutique majeur (notre communiqué)

On s’interroge.  


1ENQUÊTE EXCLUSIVE BVA-FRANCE–ASSOS SANTÉ, JANVIER 2019
ETUDE  LA LIGUE CONTRE LE CANCER , SEPTEMBRE 2020
ETUDE DE UFC QUE CHOISIR,  NOVEMBRE 2020

STOCK DE SÉCURITÉ DE MÉDICAMENTS

Communiqué de presse

20 novembre 2020

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Stock de sécurité de médicaments
Dernière opportunité d’agir pour les parlementaires !

Ce jeudi 19 novembre, la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale a rejeté une importante mesure proposée par le Sénat[1] visant à établir une obligation de stock de sécurité de quatre mois de couverture des besoins pour les médicaments à intérêt thérapeutique majeur. Nous demandons aux députés de faire preuve de courage politique en maintenant cette disposition dans la loi lors de l’examen en seconde lecture du Plan de Financement de la Sécurité Sociale.

Les pénuries de médicaments montrent une dynamique exponentielle. Selon les dernières prévisions de l’ANSM, 3200 médicaments à intérêt thérapeutique majeur manquent en 2020 (40 en 2008). Des mesures claires sont attendues par nos concitoyens.

Selon les dernières enquêtes associatives[2] :

  • Un Français sur quatre a déjà été confronté à une pénurie de médicaments ;
  • 45% des personnes confrontées à ces pénuries ont été contraintes de reporter leur traitement, de le modifier, voire d’y renoncer ou de l’arrêter ;
  • Dans 30 % des cas, les propositions des industriels sont totalement insatisfaisantes ou inexistantes ;
  • 68% des oncologues médicaux considèrent que ces pénuries ont un impact sur la vie à 5 ans de leurs patients.

Une mission sénatoriale mentionnait en 2018[3] une durée moyenne des pénuries de 14 semaines. Devant l’ampleur de la crise, la constitution de stocks de sécurité est désormais vitale.

Il n’existe aujourd’hui aucun argument pour s’opposer à cette mesure.

  • Le mécanisme proposé s’inscrit dans une démarche constructive vis-à-vis des acteurs privés et s’inspire dudispositif mis en place dès 2009 en Finlande en introduisant une compensation financière pour les coûts quipourraient être engendrés par la constitution de ces stocks.
  • Le dispositif ne s’oppose pas aux règles Européennes et un nombre croissant de pays européens a, ou envisage d’avoir recours aux stocks de sécurité pour lutter contre ces intolérables pénuries.
  • Les entreprises pharmaceutiques disposeront d’un délai suffisant pour pouvoir augmenter leur production et s’adapter aux niveaux de stocks requis en France, sans que cela n’impacte les ventes dans les autres pays del’Union Européenne.
  • Ces stocks de sécurité seraient par nature « tournants », répondant en grande partie aux problématiques potentielles de durée de conservation. Par ailleurs une liste d’exceptions pourra être établie pour prendre en compte certaines spécificités : saisonnalité, gros volume, médicaments dérivés du plasma, volume des ventes, date de péremption trop courte.

Les autorités sanitaires, les associations et les personnes malades ne cessent d’alerter les parlementaires sur un nombre de pénuries de médicaments et de vaccins en exponentielle augmentation. Mesdames et Messieurs les Députés, il est temps d’agir !

Contacts :
Yann MAZENS – 06 23 12 87 71 ;
Sophie BANCET – 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org


[1] Amendement sénatorial, PLFSS, 1ère lecture
[2] Enquête exclusive BVA-France –Assos Santé, janvier 2019, Etude de la Ligue contre le cancer, septembre 2020, Etude de UFC Que Choisir, novembre 2020
[3] Rapport d’information sénatorial, septembre 2018 (page 30)

APPELS À TÉMOIGNAGES / EN COURS DE REDACTION

AIDEZ-NOUS À FAIRE ENTENDRE VOTRE VOIX !

Afin de mieux vous informer, orienter et soutenir,  le réseau SOS Hépatites vous invite à témoigner. 

● Hépatite (A, B, C, D, E) – COVID-19 :
CLIQUEZ ICI pour partager votre histoire (anonymement), vos souhaits d’actions !

 

 

● FOIE & COVID-19 : vos témoignages à la sortie du confinement
Nous vous remercions vivement d’avoir répondu à notre appel à témoignages (12 mai 2020) et partagé avec nous vos sentiments et vos besoins suite au confinement. Vous avez envie de témoigner ? CLIQUEZ ICI !

 

● VACCINATION CONTRE LA GRIPPE :
Vous êtes une personne à risque, une personne proche, un.e professionnel.le de santé, la campagne de vaccination contre la grippe vous concerne donc prioritairement, mais vous rencontrez, avez rencontré des difficultés pour obtenir le vaccin. Vos témoignages sont précieux ! Pour témoigner, CLIQUEZ ICI !
Pour plus d’information : cliquez ici.


Vous avez besoin d’un conseil, un soutien ? Appelez-nous : 

QUIZ

TESTEZ VOS CONNAISSANCES !

Afin de mieux vous informer, orienter et soutenir,  le réseau SOS Hépatites vous propose de répondre aux quiz. 

Testez vos connaissances vaccination en 10 questions !
Le réseau SOS Hépatites, partenaire officiel de la SEV, vous propose ce quiz sur la vaccination en général et sur les hépatites virales en particulier : QUIZ SPÉCIAL SEV 2020

 


Les hépatites en 7 questions
On vous a préparé 7 petites questions pour évaluer vos connaissances sur les hépatites, leurs dépistages et leurs traitements. Alors répondez honnêtement et sans crainte… L’important, ce n’est pas d’avoir la bonne réponse, c’est d’avoir la bonne info : QUIZ LES HÉPATITES EN 7 QUESTIONS

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE

Hôtel de Matignon
Monsieur le Premier Ministre Jean CASTEX
57 rue de Varenne
75007 PARIS

Paris, 17 novembre 2020

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Objet : Décret du 11 novembre sur le chômage partiel des personnes à risque de développer des formes graves de Covid-19

Monsieur le Premier Ministre,

Nous avons été très surpris de la parution le 11 novembre, du décret concernant la mise en œuvre du chômage partiel pour les personnes vulnérables, dont le projet de rédaction nous avait été adressé la veille de sa signature, ne laissant pas le temps aux associations d’usagers et de patients d’exprimer leurs remarques, et excluant ainsi toute concertation. Ce décret suscite de nombreuses incompréhensions et craintes.

En premier lieu, nous sommes dans l’incompréhension totale face au périmètre retenu, qui s’écarte de l’avis du HCSP daté du 29 octobre. Nous constatons en effet une sélection de personnes porteuses de pathologies, sans fondement, puisque certaines considérées comme les plus à risque par le HCSP sont absentes, comme les personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique ou d’un syndrome de Down par exemple. Nous sommes d’autant plus surpris que le décret du 29 août a été suspendu par le Conseil d’Etat au motif que la liste était discriminatoire.

En second lieu, en instaurant la possibilité pour l’employeur de s’opposer au chômage partiel des personnes présentant un certificat d’isolement et en laissant la responsabilité au salarié de saisir la médecine du travail pour statuer sur les conditions de sécurité, vous inversez la charge de la preuve de l’effectivité de la protection des salariés, qui doit incomber à l’employeur et non au salarié.

Vous prenez le risque que de nombreux salariés vulnérables renoncent à se saisir de cette disposition par crainte de s’opposer à leur employeur et des conséquences potentielles sur leur emploi et leurs conditions de travail. Ce risque en entraine un autre, qui est qu’ils contractent la Covid-19 avec les conséquences graves que cela peut entrainer, notamment l’hospitalisation en réanimation dans une période où nous savons toutes et tous que des choix pourront être amenés à être faits si le taux d’occupation reste élevé.

Ce risque est d’autant plus élevé que le HCSP n’a pas actualisé les mesures de sécurité renforcées pour les personnes vulnérables depuis son avis du 19 juin, alors que les études ont montré depuis que le port du masque ne suffit pas et que le rôle de l’aération ou de la filtration de l’air est primordial pour limiter les contaminations potentielles.

La question du télétravail, reste également en suspens, dans la mesure où celui-ci n’est toujours pas opposable, y compris pour les personnes vulnérables.

Enfin, l’exclusion des proches résidant au même domicile que des personnes à risque, de toute disposition spécifique, vient anéantir toutes les stratégies de protection qui peuvent être mises en œuvre.

En confiant la gestion de la question des travailleurs vulnérables au Ministère du travail, vous supprimez de fait les enjeux liés à la santé, qui sont pourtant au cœur d’une crise qui est sanitaire, avant d’être économique.

La publication de ce décret qui vient restreindre l’accès à la protection des personnes vulnérable, au moment où la deuxième vague déferle avec violence et les touche au premier chef, est incompréhensible.

En conclusion, nous demandons que des mesures soient prises de manière urgente afin d’assurer une protection juste et efficace des personnes vulnérables :

  • L’inclusion de l’intégralité des situations à risques identifiées par le HCSP.
    Sur cette base, et au vu de l’incohérence constatée nous vous informons que nous engageons un recours contre le décret au contentieux.
  • L’intégration des proches dans les mesures de protection.
  • La suppression de la possibilité pour l’employeur de s’opposer au chômage partiel dès lorsqu’un certificat médical est transmis.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

Pour le Bureau de France Assos Santé


Le président, Gérard Raymond

DÉCRET DU 10 NOVEMBRE : UN RECUL INACCEPTABLE POUR LA PROTECTION DES TRAVAILLEURS À RISQUE

Communiqué de presse

12 novembre 2020

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Décret du 10 novembre : un recul inacceptable pour la protection des travailleurs à risque, un nouveau déni de la démocratie en santé

Suite à la suspension du décret du 29 août qui avait entrainé le retour aux dispositions du décret du 5 mai, le gouvernement avait de nouveau saisi le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) et vient de publier un nouveau décret le 11 novembre qui restreint l’accès au chômage partiel des personnes à risque de développer une forme grave de la Covid-19.

Si la liste des personnes éligibles à ces nouvelles dispositions reprend l’intégralité du décret du 5 mai et ajoute certaines pathologies, comme les maladies rares et des pathologies neurologiques et neurodégénératives, elle exclut néanmoins d’autres situations identifiées dans un avis du HCSP du 29 octobre, non publié, y compris des pathologies considérées comme étant les plus à risque, telles que l’insuffisance rénale sévère non dyalisée ou le syndrome de Down. Les proches cohabitants, sont de leur côté également absents de ces dispositions et continueront donc à courir le risque de contaminer les personnes vulnérables résidant sous le même toit.

La nouvelle procédure mise en place restreint l’accès au chômage partiel en donnant la possibilité à l’employeur de s’opposer à celui-ci malgré le certificat d’isolement, s’il considère que les conditions de sécurité renforcées sont mises en place. Le salarié qui serait en désaccord, serait donc dans l’obligation de faire appel au médecin du travail qui pourra se prononcer sur la mise en œuvre de ces mesures, plaçant ainsi le salarié en opposition avec son employeur. Cette situation intenable pour des salariés déjà fragilisés, risque d’entrainer de nombreux renoncements à cette disposition.

Les employeurs de leur côté, soumis à la pression de la « nécessaire reprise économique » et des dispositions qui vont restreindre la prise en charge du chômage partiel dès janvier 2021, seront fatalement poussés à favoriser le retour au travail de l’ensemble des salariés.

Quant aux médecins du travail, ils seront également mis en difficulté car comment s’assurer, au-delà des procédures mises en place par l’employeur, que ces dispositions sont correctement mises en œuvre : port du masque par l’ensemble des salariés en présence de la personne à risque, respect de la distanciation physique, désinfection des surfaces, etc ? Sans compter la stigmatisation et l’isolement au sein de l’entreprise que ces mesures engendrent.

Le HCSP de son côté, s’il rallonge la liste des personnes à risque, maintient la possibilité de reprise du travail en présentiel avec les mesures renforcées et ignore la question des proches, sur laquelle elle ne se prononce pas, bien que la saisine le mentionnait.

Les associations de patients et d’usagers ont une nouvelle fois été ignorées dans ces décisions pour lesquelles le temps de la concertation n’a pas été laissé, déniant ainsi encore la place de la démocratie en santé dans un contexte de crise sanitaire sans précédent.

Les personnes vulnérables, ces « hospitalisés de demain », ne peuvent être ballotées sans arrêt d’une mesure à une autre, dans une incertitude permanente quant à leur sort, et l’angoisse que génère cette deuxième vague.

Nous ne permettrons pas que leur santé, physique et mentale, soit malmenée.


Contact presse : Sophie BANCET – 01 53 62 40 37 / 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org

L’ACCÈS AUX SOINS DES PERSONNES ÉTRANGÈRES

Communiqué de presse

 16 novembre 2020

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Face à la deuxième vague du COVID-19, le gouvernement ne peut pas restreindre l’accès aux soins des personnes étrangères

En pleine crise sanitaire et sociale, le gouvernement publie un nouveau décret réduisant l’accès à la protection maladie des personnes étrangères.

Depuis le début de l’année, le gouvernement s’est déjà attaqué à la protection maladie des demandeurs-ses d’asile en instaurant un délai de carence, qui durcissait les conditions d’accès à l’aide médicale d’Etat (AME) et, amorçait une fragilisation de l’accès aux soins des personnes étrangères en situation régulière en France. Après les mesures adoptées fin 2019, c’est maintenant au travers de décrets techniques, qu’est restreinte la protection de la santé des étrangers-ères.

Avec ce décret publié au journal officiel, coïncidence, certes, mais ô combien symbolique, dans les premiers jours du re-confinement, c’est au tour du mécanisme légal de prolongation des droits à la prise en charge des frais de santé par l’assurance maladie d’être raboté. En pratique, ce sont  800 000 personnes étrangères, détentrices de titres de séjour renouvelés chaque année,  qui vont être impactées. Ces personnes disposaient auparavant d’un délai pour produire leur nouveau titre de séjour à la caisse d’assurance maladie. Le délai de prolongation des droits permettait avant tout de pallier les carences des préfectures qui ne délivrent pas à temps les documents pourtant prévus par la réglementation et permettant de justifier de la régularité du séjour des étrangers-ères. Pour les milliers de personnes visées par cette mesure, cela signifie des démarches répétées et épuisantes et, in fine, représente un surcroit de travail de gestion pour les caisses.

Ce nouveau décret met également en œuvre des restrictions de l’AME, dans le prolongement des décisions prises précédemment.

Ces durcissements successifs sont pris alors même que toutes les études montrent que les personnes étrangères font d’ores et déjà face à des obstacles importants pour accéder aux droits et aux soins et sont plus exposés aux risques de santé.

Loin de la rationalisation et de l’efficience des mécanismes de protection maladie, le gouvernement développe une politique de découragement et d’usure administrative conduisant à priver des usagers-ères de toute protection maladie. L’incitation au « non-recours » aux droits et aux soins ne peut fonder une politique de protection de la santé respectueuse de la dignité humaine, de la continuité des soins et de la préservation de la santé publique.  

Nos organisations demandent : 

  • la sécurisation du parcours de soins des personnes étrangères ;
  • le retour au mécanisme du maintien de droits de douze mois à l’Assurance Maladie ;
  • la suppression des obstacles à la demande d’AME telle que l’obligation du dépôt en personne.

Contacts presse :

COMEDE : Didier Maille – didier.maille@comede.org – 06 51 33 65 93

Médecins du Monde : 

Fanny Mantaux – fanny.mantaux@medecinsdumonde.net – 06 09 17 35 59

Sidaction : Marine Charlier –  m.charlier@sidaction.org – 01 53 26 45 36


Référence :

–  Décret n° 2020-1325 du 30 octobre 2020 relatif à l’aide médicale de l’Etat et aux conditions permettant de bénéficier du droit à la prise en charge des frais de santé pour les assurés qui cessent d’avoir une résidence régulière en France

« Le gouvernement s’apprête à dégrader la santé des personnes étrangères : le cri d’alarme des associations », communiqué inter-associatif, 31 octobre 2019


 Que prévoit ce décret ?

Le décret n° 2020-1325 du 30 octobre 2020 relatif à l’aide médicale de l’Etat et aux conditions permettant de bénéficier du droit à la prise en charge des frais de santé pour les assurés qui cessent d’avoir une résidence régulière en France :

  • entérine la réduction du mécanisme légal de prolongation des droits à la prise en charge des frais de santé par l’assurance maladie

Le gouvernement avait déjà réduit ce mécanisme de 12 mois à 6 mois depuis le 1er janvier 2020. Ce décret le réduit à deux mois lorsque la personne a fait l’objet d’une mesure d’éloignement devenue définitive. Cette mesure technique en apparence anodine va pourtant avoir des conséquences très graves en matière d’accès aux soins. Par exemple pour les demandeurs d’asile, privés de carte vitale depuis 2017, leur attestation de droit sous format papier ne permettra plus d’attester de l’ouverture de leurs droits puisqu’ils auront pu être fermés entretemps. Pour les professionnels de santé, l’échéance figurant sur une attestation ne présentera aucune garantie de remboursement, ce qui ne pourra que conduire à des difficultés accrues pour accéder aux soins pour un public souvent discriminé.

  • restreint les conditions d’accès à l’AME dans le prolongement des modifications législatives précédentes

Dans le fil des discours selon lesquels des étrangers viendraient en France pour bénéficier du prétendu système avantageux que représenterait l’AME, le décret exclu certains soins ne revêtant pas un caractère d’urgence durant les neuf mois de la première admission à l’AME, sauf à obtenir un accord préalable de la caisse de sécurité sociale. Cette mesure accentue un traitement inégal qui pourrait préfigurer des exclusions futures y compris pour les assurés sociaux.

Alors que l’accès aux mécanismes de protection sociale se dématérialise, le décret oblige désormais les personnes à venir déposer physiquement leur première demande d’AME, y compris quand ils habitent à l’autre bout du département, dans un unique objectif de lutte contre les prétendus abus et fraudes qui ne sont pas démontrés. Cette mesure intervient alors que la France entre dans une deuxième période de confinement national et que les déplacements doivent être limités, ce qui est un non-sens en termes de santé publique.

Il existe toutefois des exceptions en cas d’hospitalisation auprès de l’établissement médical, ou en cas de suivi au sein d’une permanence d’accès aux soins de santé (PASS), pour les mineurs, ou en cas d’impossibilité de se déplacer.

Ces durcissements vont à l’encontre des constats selon lesquels la moitié des personnes éligibles à l’AME n’en dispose pourtant pas.

L’HÉPATANTE N°45 – NOVEMBRE 2020

ÉDITO

Oui, l’hépatite C vient d’être portée au-devant de la scène publique via la reconnaissance du prix Nobel de médecine 2020, mais n’oublions pas les paris d’éliminer l’hépatite C en France d’ici 2025, d’éliminer les hépatites virales B et C dans le monde d’ici 2030. Pour relever ces paris, il faudra voir plus grand que l’hépatite C.
Avant de rentrer dans le sujet de l’élimination, partageons les dernières données scientifiques françaises COVID et foie.
Concernant l’élimination, en plus du dépistage des hépatites B et C, qui doit être amélioré, il faut dépister la fibrose pour mieux identifier les personnes qui ignorent leur maladie du foie. C’est à ça que le FIB-4 pourrait servir ! Ainsi, on découvrirait aussi des personnes concernées par la NASH, mais aussi les cirrhoses dues à une consommation excessive d’alcool, à une hépatite d’origine auto-immune, génétique, médicamenteuse et virale.
Pour bien poursuivre la révolution de l’hépatite C et finir le job de l’élimination, il faut donc dépasser l’hépatite C !
Les malades eux-mêmes peuvent aujourd’hui être les porteurs du dépistage, de la lutte contre la fibrose hépatique, de l’analyse des interactions médicamenteuses, …
Cette newsletter est aussi l’occasion d’évoquer : les anti-fibrosants, traitements contre la fibrose quelle que soit sa cause ; la catastrophique campagne de vaccination contre la grippe 2020-2021 ; les actualités du réseau SOS hépatites (le bilan du Road Trip 2020 et nos communications aux 87èmes Journées scientifiques de l’AFEF) ; la question du mois & notre réponse ; nos Blog ; notre sélection des évènements à venir.
Deux dernières actualités pour clore cet édito : nos travaux sur les 1ers Etats Généraux de l’hépatite B, autour des personnes concernées, de leurs proches, des associations de patients et acteurs de santé ont pris du retard. La synthèse sera publiée très prochainement ! Enfin, la 5ème édition du « Mois sans tabac », se déroule ce mois de novembre 2020. Les décès liés au tabac, particulièrement par cancers, sont connus, mais n’oublions pas le rôle toxique et cancérigène du tabac sur le foie. Alors si vous êtes prêt.e. pourquoi ne pas commencer aujourd’hui à faire du bien à votre foie, à vous ?

Pascal Mélin, Président de SOS hépatites Fédération 

COVID-19 : PROTÉGEONS LES PERSONNES À RISQUE !

Communiqué de presse

6 novembre 2020

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COVID-19 : Protégeons les personnes à risque !
Un enjeu majeur de santé publique et de responsabilité politique

A l’heure du déferlement de cette deuxième vague de la Covid-19, un nouveau confinement est imposé aux Français qui sont appelés à limiter leurs contacts, voire pour certains à fermer leurs commerces et leurs entreprises.

La France est le pays le plus touché par la Covid-19 en Europe avec 1,6 millions de personnes atteintes et des taux d’occupation des lits de réanimation par des patients souffrant de la Covid-19 qui oscillent entre 44% et 120% dans nos régions. Les personnes à risque de formes graves, y compris les plus jeunes, peuvent légitimement être effrayées, sachant que 36% des patients en réanimation ont moins de 65 ans. Une part importante d’entre eux va décéder et les autres pourraient connaitre des suites lourdes et des séquelles à long terme.

D’autant plus que le droit qui les protège est instable depuis la parution du décret du 29 août suspendu le 15 octobre par le Conseil d’Etat, entrainant de fait un retour au décret du 5 mai, sauf pour les proches cohabitants. Ils ont quant à eux perdu l’accès à tout dispositif spécifique de protection. Leur situation est d’autant plus difficile que le télétravail « obligatoire » dans le cadre du confinement ne concerne qu’une minorité d’entre eux. Les autres, contraints au travail en présentiel, courent le risque quotidien d’infecter leur proche.

L’appel du Ministre de la Santé et du Directeur Général de la Santé à protéger les personnes fragiles qui seront les « hospitalisés de demain »

Messieurs Olivier Veran et Jérôme Salomon ont appelé hier soir à protéger les personnes fragiles qui seront les « hospitalisés de demain ». Le Conseil scientifique a, quant à lui, dans son avis actualisé le 28 octobre, fait état d’une situation sanitaire critique et a fixé comme premier objectif stratégique et enjeu majeur de santé publique la protection des personnes à risque de développer une forme grave de la Covid-19, avec une limitation drastique des contacts sociaux, voire un auto confinement volontaire, pour permettre de limiter les hospitalisations et les décès. Les dispositifs actuels concernant les travailleurs vulnérables et proches de personnes vulnérables ne sont pas cohérents avec ces appels légitimes à la protection la plus stricte et doivent être revus d’urgence.

Que demandent nos associations ?

Les associations de patients et d’usagers de la santé font appel à la responsabilité de l’Etat et à la cohérence politique, pour prendre les mesures urgentes qui s’imposent permettant à l’ensemble des travailleurs à risque, identifiés selon les connaissances scientifiques les plus récentes, ainsi qu’aux personnes résidant sous le même toit qu’une personne vulnérable, d’avoir les moyens d’être protégés efficacement, notamment en ayant la possibilité de ne pas se rendre sur leur lieu de travail.

Le télétravail doit être privilégié quand il est possible. Mais, lorsqu’il n’est pas envisageable, il est essentiel qu’un dispositif permettant un maintien durable et suffisant des revenus, quel que soit le statut des travailleurs, soit accessible, comme ce fut le cas jusqu’au 31 août dernier.

Les personnes à risques de formes graves engagent leur survie dans cette deuxième vague. Seule la solidarité nationale leur permettra de traverser en sécurité les prochaines semaines et mois dont on mesure encore mal l’ampleur des conséquences sanitaires. Des mesures cohérentes doivent être proposées devant cette deuxième vague qui s’annonce plus importante que la première.


Contact presse : Sophie BANCET – 01 53 62 40 37/ 06 18 13 66 95 – communication@france-assos-sante.org