Ce titre je l’ai déjà utilisé mais il reste d’actualité ! Car il résume à lui seul mon engagement et celui de nombreux militants de SOS Hépatites.
Certes, il reste 75 000 personnes à dépister, qui ne se savent pas porteuses d’hépatite C, mais il y a aussi 25 000 gueules cassées qui, elles, connaissent leur statut mais ne veulent plus entendre parler de traitement, par ignorance de la simplicité et de la réussite des traitements actuels.
Un homme, âgé de 56 ans aujourd’hui, dépisté porteur de l’hépatite C il y a maintenant 30 ans, traité par interféron en monothérapie… Ce traitement fut un échec et il présenta alors une décompensation psychiatrique (ce qui était le cas, dans 30% des cas).
Depuis, il a cherché à oublier, ne pas se souvenir, ne pas regarder les affiches ou ce qui pouvait lui rappeler. Il a changé de région, il a changé de médecin traitant et bien sûr il a supprimé de ses antécédents son hépatite C.
Depuis quelques temps il a perdu beaucoup de poids, il est devenu jaune et a perdu le goût des aliments, enfin des douleurs abdominales sont apparues.
Il a alors été hospitalisé et le diagnostic est tombé : volumineux cancer du foie, inopérable, avec ascite, ce qui le place en stade palliatif.
Quand je le vois chaque matin amaigri au fond de son lit, la colère m’envahit et j’ai envie de crier « Plus jamais ça, aujourd’hui on peut guérir de l’hépatite C ! »
Je voudrais tellement que ce blog soit lu par une des 25 000 personnes qui sont dans la nature, qui se savent porteuses, mais ont encore des à priori sur les traitements, les médecins, les effets secondaires. Je voudrais pouvoir leur dire : venez à SOS Hépatites, écoutez les témoignages des malades guéris ! Essayez le traitement, l’essayer c’est l’adopter et l’adopter c’est guérir.
Pour que cela n’arrive plus jamais, rejoignez-nous et faites du bruit avec nous.
#dubruitcontrelhepatitec
Pascal Mélin





La dernière action de la semaine hépatante en Guadeloupe se situait à Marie-Galante. Cette île de 25 kilomètres de diamètre compte 9 800 habitants et se trouve au large de la Guadeloupe, à une heure en bateau de Pointe-à-Pitre. Marie-Galante ce n’est pas uniquement les plages de sable blanc des cartes postales…
Marie-Galante compte cinq pharmacies, 6 médecins généralistes et un centre hospitalier : le Centre Hospitalier Sainte Marie. C’est là que nous nous sommes rendus avec plusieurs militants de SOS Hépatites, les Professeurs Serfaty et Mathurin, le Dr Gordien associés aux 2 hépatologues du CHU de Pointe-à-Pitre, les Docteurs Gelu-Simeon et Saillard avec l’Association Guadeloupéenne de Formation en Hépato-GastroEntérologie. Nous avons été accueillis au CHG Sainte Marie par la directrice des lieux à qui nous avons expliqué le défi de Marie-Galante sans Hépatite C et qui a accepté avec enthousiasme de relever ce défi.
Ce projet, mené conjointement avec le CHSM, l’AGFHGE et SOS Hépatites, a ensuite été expliqué devant la population par tous les intervenants. Ce sont 3 postes de réalisation de TROD qui ont été mis en place dans le hall de l’hôpital. Nous avons également travaillé en collaboration avec le bus « la promotion de la santé en action » de l’hôpital qui sillonne l’île pour faire de la prévention. Pour l’occasion, ils étaient devant l’hôpital à faire des TROD. Pour tous ceux qui n’ont pas pu attendre, des ordonnances ont été remises pour faire les dépistages.
Pendant ce temps, le Pr Mathurin et le Dr Gelu Simeon ont rencontré les professionnels de l’hôpital pour expliquer la démarche du projet. Puis nous avons déjeuné tous ensemble, rejoints par les médecins généralistes et le biologiste responsable de l’unique laboratoire de l’île. Tous sont motivés à l’idée de participer à ce projet «Marie-Galante sans hépatite C»
Plus de 100 personnes ont été dépistées, le projet est lancé avec une acceptation totale. Le Dr Gelu Simeon et le Dr Saillard s’engagent à être disponibles pour les médecins généralistes et à traiter et prendre en charge tous les patients qui seraient découverts positifs car l’hôpital Sainte Marie est rattaché au CHU de Point-à-Pitre.
Cette action se poursuivra sur une année et nous reviendrons avec le bateau !


INFORMER : l’ensemble des médecins présents pour la semaine hépatante en Guadeloupe se sont mobilisés pour inonder les médias de leur présence. Le Pr Mathurin en plateau télé, le Dr Siméon-Gelu en interview sur site, le Pr Serfaty et moi-même pour la radio Guadeloupe Première, sans compter toutes les interviews papier. Je garde un souvenir ému d’une auditrice qui a appelé en direct dans l’émission car elle était porteuse d’une hépatite C et voulait refaire un enfant mais désirait connaitre les risques de contamination ! Après lui avoir dit que le risque était faible et évalué à moins de 3% on s’est empressé de lui dire de voir un spécialiste, de guérir de l’hépatite C et ensuite de concevoir un enfant qui aura alors 0% de risque de contamination !
FORMER : là encore les bouchées doubles étaient de mise. Le premier temps fort le lundi 11 avec les médecins du CHU où le Pr Serfaty expliqua l’importance du repérage et de la prise en charge de la NASH, encore trop mal connue. Cette formation était cruciale d’autant que la NASH est associée à l’obésité qui touche 25 % de la population adulte en Guadeloupe contre 18% en métropole. La Nash prédit donc une prise en charge importante. Former également le mardi 12 en soirée avec une trentaine de médecins présents afin d’ évoquer les actualités 2019 pour dépister, reconnaître et traiter les hépatites virales.
DÉPISTER : C’était le sens d’une action de dépistage grand public, organisée dans le hall du CHU, ce matin une patiente s’était levée à 5 h pour venir de l’autre bout de l’île pour se faire dépister. Que dire aussi de cette patiente qui pensait avoir une hépatite B ce qui lui a été confirmé avant de la remettre dans 1 mois à la consultation hospitalière . Enfin un migrant d’Haïti et passé par Cayenne qui avait compris qu’il « pouvait rattraper l’hépatite B » Tous les militants de SOS Hépatites Guadeloupe étaient sur le pont pour répondre aux questions du plus grand nombre.






