COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 25 MAI 2016 JOURNÉE NATIONALE DE LUTTE CONTRE LES HÉPATITES VIRALES ACCÈS AUX TRAITEMENTS CONTRE L’HÈPATITE C : DES AVANCÉS … À SUIVRE

 CISS, CHV, COMEDE, Fédération addiction, Médécins du Monde, SOS hépatites

Communiqué de presse -25 mai  2016
Journée nationale de lutte contre les hépatites virales

Accès aux traitements contre l’hépatite C : des avancées…à suivre

La lutte contre l’hépatite C (VHC) connaît une véritable révolution avec l’arrivée de traitements avec des taux de guérison spectaculaires. Ces médicaments pourraient permettre non seulement d’éliminer le virus chez toutes les personnes concernées mais aussi, d’un point de vue de santé publique, de vaincre l’épidémie du VHC dans les prochaines années. Compte tenu des prix exigés par les laboratoires, le gouvernement a, depuis 18 mois rationné l’accès aux soins, limitant les prescriptions aux personnes ayant une fibrose du foie avancée (F2 dit sévère, F3, F4) et encadrant les prescriptions dans des réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP) en nombre limité.

Depuis deux ans, notre collectif se mobilise contre les prix exorbitants de ces médicaments et ces restrictions d’accès. Aujourd’hui, journée nationale de lutte contre les hépatites virales, en salle Pierre Laroque, fondateur de la sécurité sociale dont nous fêtons les 70 ans, Madame la ministre de la Santé a annoncé des mesures fortes en faveur de la lutte contre l’épidémie. Leur mise en application fera l’objet de toute notre vigilance, notamment en ce qui concerne leur rythme de mise en œuvre de façon à répondre rapidement aux demandes des malades en attente de traitements.

Concernant les indications de traitement, la ministre de la Santé a annoncé des mesures en deux temps pour adapter le cadre réglementaire actuel :

• « Dans quelques heures » la Ministre signera un arrêté d’extension des indications de mise sous traitements. Les traitements seront désormais proposés aux personnes dès le stade de fibrose F2 ainsi que, quel que soit le stade de fibrose, aux personnes « vulnérables », celles transplantées ou en attente de greffe

• « En septembre 2016 », un nouvel arrêté devrait consacrer l’accès universel aux traitements. Le Ministère de la Santé annonce avoir saisi la Haute Autorité de Santé sur cette question. L’extension à venir des indications de traitements constituent une avancée notable. Attention toutefois à ce que la notion de « populations vulnérables » ne participe finalement pas à la division des malades qui ferait obstacle à un accès véritablement universel.

Concernant l’organisation des prescriptions, un rapport commandé auprès de l’ANRS et du CNS viendra préciser les modalités avant la fin de l’été et la HAS devra rendre son avis en septembre prochain. La Ministre de la Santé a rappelé que les Réunions de Concertations Pluridisciplinaires (RCP), ne doivent pas avoir un rôle de « contrôle administratif » mais se consacrer pleinement à leur mission de soins.

Concernant le prix du médicament, Madame Touraine a réaffirmé la volonté du gouvernement d’œuvrer pour une baisse des prix, dans un contexte d’extension des indications et de concurrence des traitements. Cette volonté politique doit être réaffirmée par le Président de la République au G7 les 26 et 27 mai à Kobé.

Les malades ne veulent et ne peuvent plus attendre. Nous demandons une mise en œuvre rapide de l’accès universel aux nouveaux traitements contre l’hépatite C. Des groupes de personnes souffrent indéniablement de discriminations : le dépistage et l’accès aux soins pour ces personnes doivent être renforcés pour des raisons de bénéfice individuel et de santé publique. Seul l’accès universel sans condition permettra d’éliminer toute perte de chance et de vaincre l’épidémie. Nous rappelons aussi que les modalités actuelles de fixation du prix des médicaments contre l’hépatite C font toujours peser une menace financière et budgétaire pour les comptes sociaux, qui détermine le rationnement des traitements. Nous demandons une réponse rapide de la Haute Autorité de Santé, nous n’accepterons aucune limitation ou délai supplémentaire pour l’accès aux traitements pour tous. Les associations doivent également participer activement à l’évolution des modalités de prescription des traitements.

Contact presse :

SOS Hépatites Fédération : Yann Mazens 06 74 86 44 48- 01 43 67 26 40 direction@soshepatites.org

Médecins du Monde : Aurélie Defretin & Lisa Veran 06 09 17 35 59-01 44 92 13 81 presse@medecinsdumonde.net

Fédération Addiction : Caroline Prat 06 17 40 72 50 c.prat@federationaddiction.fr

25 MAI ET SI POUR ETRE HEUREUX IL NE FALLAIT RIEN ATTENDRE ?

JNH2016_blog2405Demain, c’est la Journée Nationale de lutte contre les Hépatites virales, la JNH dans notre jargon d’hépatant.

Mais que réclamons-nous ?

  • La défense du vaccin contre l’hépatite B
  • L’accès universel au traitement pour tous les malades atteints d’hépatite C : UN TRAITEMENT POUR TOUS UNE GUERISON POUR CHACUN ET UNE PROTECTION UNIVERSELLE

Alors oui, je suis en colère en ce 24 mai, en colère que des traitements puissent guérir, protéger et qu’ils soient mal utilisés.

Je me souviens de cette JNH pendant laquelle le Ministre de la santé Bernard Kouchner annonçait que nous dépisterons 80% des malades dans les deux ans… Mais ça c’était avant : de la JNH pendant laquelle Norah Berra, Secrétaire d’État chargée de la Santé, nous promettait les TROD VHC dans les 6 mois. C’était il y a bientôt 5 ans…

Alors oui, je n’espère plus rien. Alors oui, je suis en colère. Alors oui, je veux tout et tout de suite !

Quand je lis dans l’éditorial de la Lancet, rédigé par François Hollande, Président de la République, qu’il faut favoriser l’accès à la santé pour tous, contrôler le coût des médicaments et qu’il va personnellement influer sur le G7 pour cela… J’ai envie de lui répondre : « Et si on commençait tout ça en France, et si on commençait avec l’hépatite C ?« .

Alors oui, je suis raisonnable, je demande l’impossible !

Demain, au ministère de la santé dans la salle Laroque (qui porte le nom de cet homme qui a tant fait pour la solidarité entre tous), je serai heureux et en colère car je n’attendrai rien. C’est parce que je ne veux rien que je demande tout : UN TRAITEMENT POUR TOUS UNE GUERISON POUR CHACUN ET MAINTENANT CAR C’EST POSSIBLE.

Pascal Mélin

CHRISTINE

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

« Indignons- nous »

Fille de rescapé des camps Nazis, n’ayant durant ses 62 ans de « survivance » jamais dépassé les 45 kilos pour 1,80 m et n’ayant jamais reçu d’aide ni psychologique ni médicale.

Sœur de Sidéen décédé en février 1996 (le jour de l’annonce de la  mise sur le marché de la trithérapie qui permettra de sauver des milliers de vie), ne pesant plus que quelques 40 kilos pour 1, 85 m, condamné à mourir sans morphine car victime de suspicion de « mauvaise conduite » donc de discrimination alors qu’il avait été transfusé en 1981 et donc probablement contaminé en milieu hospitalier. Il est mort à l’hôpital et donc dirigé directement vers le tiroir de la morgue sans toilette mortuaire et sans que ses enfants puisse le revoir.

Rompue au devoir  de mémoire comme au respect de la dignité humaine, les conditions de souffrance  et de décharnement physique de mon frère me rappellent celles des déportés  dans les camps de concentration que je lis dans les yeux et le comportement de mon père  au chevet de son enfant.  Je deviens bénévole accompagnatrice de vie et de fin de vie de personnes atteintes du VIH et/ ou de l’hépatite C.

J’ai réalisé et je réalise encore bon nombre de toilettes mortuaires à domicile mais aussi en milieu hospitalier. Et le jour où je commence à faiblir, je mets évidemment tout sur le dos de ma vie de « combats ». Mais les symptômes se précisant, j’ai un doute et c’est moi qui convaincs mon médecin de me faire des examens de dépistage.

Verdict : hépatite C, génotype 1a. Je ne bois pas (jamais), je ne fume pas et j’ai à l’époque 3 jeunes enfants qui me « boostent » ! Les années passent…mon organisme se défend et moi  je veux montrer une image positive de moi-même. Le respect de la dignité humaine passant avant tout par soi, je m’interdis la plainte, la souffrance, je n’ai pas le droit de baisser les bras ! Et puis survient le décès de mon père en 2007, ce déporté politique, et ce fameux devoir de mémoire ainsi que ce « PLUS JAMAIS ÇA » que ses camarades de misère avaient prononcé sur la place d’appel de chaque camp de concentration le jour de la libération. PLUS JAMAIS CA ! Cela raisonne dans ma tête alors que chaque jour je viens en aide à des personnes abandonnées par notre Société. J’aide les gens à vivre et à mourir  dans la dignité certes mais je contribue aussi à rendre les choses occultes, je réalise un travail de l’ombre pendant que d’autres alignent des chiffres, annoncent des avancées thérapeutiques et font des promesses…

« PLUS JAMAIS ÇA » il est en effet intolérable de refuser encore aujourd’hui  des soins de « conservation »  à la personne humaine car elle est porteuse d’un virus. Je sombre dans la dépression mais ultime instinct de survie, je commence un suivi hépatologique…et je cherche dans le passé  et là, l’évidence : j’ai été contaminée lors des naissances de mes enfants (ou fausses couches). En effet étant de rhésus sanguin négatif et ayant porté des enfants de rhésus positif, j’ai reçu entre 1984 et 1993 des doses d’immunoglobulines comme anticorps. Ces doses sont issues de plasma sanguin et seront utilisées sans contrôles jusqu’en 1992, soit à peu près 8 ans après le scandale du sang contaminé. Je serais donc porteuse de cette maladie, devenue chronique depuis 25 ou 30 ans ?  Je passe sur les étapes de ma déchéance physique et morale, tout cela tient du domaine de l’intime. J’ai aujourd’hui 56 ans et ma vie n n’est que souffrances : Suis –je sur le chemin d’une désocialisation totale ? Je rends la vie de mes proches insupportable, mon âme comme mon corps ne sont que plaies. Je ne suis qu’une plaie ! Mes enfants s’éloignent de moi car il leur faut construire leur propre vie. Ce ne sera pas chose facile malheureusement car je leur ai transmis le fardeau de la MEMOIRE et de la lutte contre les injustices et quand je ne serai plus là la colère risque de s’emparer d’eux !  Lutte contre les injustices, n’en suis-je pas moi-même victime ? Injustice face aux critères d’éligibilité aux traitements contre l’hépatite C ? On me reprocherait donc d’avoir une trop bonne hygiène de vie. Ou de ne pas être assez malade ?

Non je ne me mettrais pas à boire ! Cela accélèrerait pourtant l’état de fibrose de mon foie et j’accèderais ainsi plus rapidement à un traitement. Non je ne boirai pas car cela serait contraire à mes principes de dignité et donnerait raison à ces critères d’éligibilité que j’ai envie de nommer critères de sélection.

J’ai honte, honte de voir bafouées la réflexion ainsi que la lutte de nos ainés à travers la disparition des acquis sociaux, telle que la sécurité sociale pour tous, le droit au travail ainsi qu’au repos. Les acquis sociaux n’ont que 70 ans, ils sont issus du Conseil national de la Résistance, de la souffrance et de la survie de nos pères et grands-pères.
En hommage à Stephane Hessel et à ses camarades ayant lutté pour que nous connaissons un monde meilleur, INDIGNONS NOUS ! Et exigeons l’éradication e l’épidémie à travers l’accès au traitement pour toutes et tous. Il n’y a en effet aucun argument médical pour refuser à un patient un traitement efficace et sans effet secondaire majeur.


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

MAGALIE

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

 « Revenez dans 12 mois »

J’ai une hépatite C depuis 1992, découverte lors d’un don de sang. J’étais  divorcée, seule avec un enfant, et j’ai dû lutter (1 protocole en 1994 et 1 traitement interféron & ribavirine en 2001) sans pouvoir vraiment m’arrêter de travailler, essayant toujours de cacher ma fatigue à mes collègues, mes relations. Peur d’être mise aux piloris, de devoir mettre ma tasse à café à un emplacement précis au travail, peur d’être reléguée, peur que l’on ne m’invite plus… De plus, j’habite une ville moyenne où tout le monde se connait, je ne suis pas parano, mais beaucoup de personnes ne savent pas les modes de transmission,  ils font un amalgame et vous êtes stigmatisés.

Du coup, vous faites attention, vous allez plus loin faire vos analyses etc… Oui, dur ce manque d’énergie, ces douleurs articulaires, ces douleurs digestives, ces nausées, ces crampes nocturnes qui vous réveillent et vous empêchent de faire une nuit correcte et réparatrice, dur ce syndrome sec avec les yeux qui piquent et ne plus pouvoir mettre des lentilles (de nouveau les grosses lunettes.)

Mais le plus dur, quand on est un brave petit soldat « rechuteur », qui fait comme si tout allait bien, et qui essaye tant bien que mal de vivre, c’est quand votre hépatologue vous annonce « Oui, il y a un traitement qui peut vous guérir, bien plus court, sans les effets secondaires de l’interféron, avec  un pourcentage de 95% de guérison  mais l’hôpital ne payera pas 46 000 € pour vous soigner , vous avez une fibrose modérée, revenez dans 12 mois,  on en saura un peu plus… »


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

L’HÉPATANTE N°7 – SPÉCIAL EASL 2016

ÉDITO : J’AI FOIE DANS L’EUROPE

Du 12 au 17 avril, Barcelone accueillera le Congrès Annuel Européen d’Hépatologie. SOS Hépatites sera présent, et prend le pari de publier chaque jour des informations sur les hépatites virales et les maladies du foie bien évidemment. Nous ne manquerons pas aussi de nous intéresser à la vie des malades en Espagne, pardon en Catalogne !

L’EASL, nom du congrès, devrait accueillir plus de 10 000 congressistes de 111 pays différents. Il y a encore quelques années, c’est l’AASLD, le Congrès Américain qui donnait le tempo, aujourd’hui, il est en perte de vitesse, car trop centré sur les problèmes Américains. L’EASL est un congrès Européen où les voix de plusieurs dizaines de pays se feront entendre. Le congrès se déroule en deux parties : les deux premiers jours sont consacrés au post-graduate (formation continue) qui fait le point et rappelle l’actualité sur un sujet, cette année, c’est le cancer du foie.

Le cancer primitif du foie représente 8 200 cas par ans en France et dans plus de 80 % des cas, il touche des hommes. L’âge moyen est de 63 ans et il survient le plus souvent sur un terrain de cirrhose dont les causes principales sont l’alcool, l’hépatite B et l’hépatite C. Quelque puissent être les progrès dans la prise en charge des cancers du foie, ils continueront inexorablement d’augmenter dans les dix prochaines années. Le sujet de la prise en soins de ces patients tant sur le plan fondamental que pratique explique le choix d’un tel sujet en formation continue, nous vous en dirons plus

Dans un deuxième temps, plusieurs milliers de communications venant de partout dans le monde avec de nombreux scientifiques qui présentent leurs hypothèses et les résultats de leurs travaux, c’est toujours un temps d’échange et de partage très important.

Pascal Mélin, Président de SOS hépatites fédération

RETROUVEZ L’HEPATANTE SPECIALE EASL ICI

INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE LETTRE MENSUELLE

RETROUVEZ LA NEWSLETTER N°7 SPECIAL EASL EN VERSION PDF ICI

 

 

GEORGIA

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

« Injustice »

Hépatite c reconnue en 1993, traitement d’un an en 2005- 2006. J’avais à cette époque un niveau 3 de  cirrhose importante [stade de fibrose, dégradation du foie]

Et maintenant sous prétexte que le niveau de la fibrose est entre 1 et 2, je dois attendre d’être en phase précancéreuses pour avoir droit au traitement!!!!

Tous les spécialistes vous dirons que plus le temps passe plus le risque de développer un cancer est important. Ma vie depuis 1993 tourne autour de ce virus, fatigue, déprime, humeur changeante. J’ai dû prendre ma retraite plus tôt, mon état de fatigue ne me permettait plus d’assumer des responsabilités.

Je ressens un profond sentiment d’injustice.


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

LYDIE

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

« Dites-le alors que c’est réservé à ceux qui le valent ? »

Je suis une femme, j’ai une hépatite C et je suis toxicomane

Ça fait trois raison pour qu’on me regarde de travers à moins que ce soit juste ma couleur de cheveux. Je suis allé voir le toubib a l’hosto pour mon hépatite C, il a fait tout plein de bilan et il m’a dit qu’on ne me mettrait pas sous traitement pour l’instant et que ce n’était pas pour moi…Je suis sûr que c’est à cause de ma gueule qui veut pas me donner le traitement… j’ai déjà le 100% c’est bien non ? Qui a quelque chose à foutre des tox ? Notre vie ne vaut pas le prix du traitement ? Mais dites-le alors que c’est réservé à ceux qui le valent ?


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

L’HÉPATANTE N°6 – AVRIL 2016/ SPÉCIAL « SEMAINE VACCINATION

 “La grandeur des actions humaines se mesure à l’inspiration qui les fait naître.Louis Pasteur

 ÉDITO : SEMAINE EUROPÉENE DE LA VACCINATION

Semaine Européenne de la Vaccination… 10e édition depuis 20 ans, SOS hépatites défend le principe de vaccination contre vents et marées. Sur l’autel de la liberté individuelle, on sacrifie la protection collective. Cette année, le thème de cette semaine de la vaccination est : être à jour de ses vaccinations ! Et, en France, on nous annonce un débat national et citoyen sur le principe de vaccination d’ici la fin de l’année. Le principe de vaccination en France est mis à mal, entre l’affaire du vaccin H1N1 et celle de la vaccination Hépatite B, il n’en fallait pas plus pour attiser à nouveau les conflits entre pros et antis.

Les cartes européennes nous montrent que la France est le plus mauvais élève européen dans sa couverture vaccinale contre l’hépatite B en particulier. Arrêtons ces faux-semblants des « vaccinations recommandées ». Assumons politiquement le vieil adage : il vaut mieux prévenir que guérir ! Nous avons voulu consacrer cette newsletter exclusivement à la vaccination pour montrer son importance. Et en première lecture, je vous propose ce très bon papier qui retrace et explique l’histoire de la défiance contre le vaccin de l’hépatite B. Et comme SOS Hépatites est une Association de terrain, définitivement ancrée dans l’action et favorisant la parole collective, nous lançons aujourd’hui notre enquête « vaccination hépatite B », à destination des porteurs chronique de cette maladie.

 Pascal Mélin, Président de SOS hépatites fédération

Vaccination contre l’hépatite B retour-sur-la-polémique

RETROUVEZ L’HEPATANTE DU MOIS DE AVRIL ICI

INSCRIVEZ-VOUS À NOTRE LETTRE MENSUELLE

 

MAI À SAINT-DIZIER : DÉPISTER L’OBÉSITE PLUTOT QUE L’HÉPATITE C…

230516 JOURNEE EUROPEENNE OBESITEPendant plusieurs années le mois de mai était le mois du dépistage de l’hépatite C à Saint-Dizier. Au CSAPA (Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie), on proposait un dépistage systématique des usagers et le CDAG (Centre de Dépistage Anonyme et Gratuit) et réalisait des actions de dépistage en dehors de l’hôpital. Et il y avait la JNH couverte par le JHM, comprenez la Journée nationale de lutte contre les hépatites couverte par le Journal de la Haute Marne. La population a été invitée à réaliser sérologie et FibroScan ce qui a permis de dépister plusieurs malades du foie.

Cette année, nous ne dépisterons pas l’hépatite C mais l’obésité ! Pourquoi ? Parce que le lundi 23 mai sera la Journée Européenne de l’Obésité. Mais pourquoi cette décision ?

La première raison est que l’obésité aux USA est devenue la première cause de cirrhose. L’obésité est une épidémie qui déferle sur la France et qui va bien sûr toucher le foie. Après les hépatites virales, c’est probablement le prochain grand chantier à venir pour les hépatologues. Donc dépister l’obésité et la faire connaître c’est faire un travail de prévention et de dépistage de la cirrhose et du cancer du foie.

Deuxièmement, le dépistage de l’hépatite C est en panne. Tout le monde n’est pas d’accord avec cette analyse, bien sûr nous prenons en charge les malades mais toute l’équipe de l’UTEP (Unité Transversale d’Education pour le Patient) a réfléchi, médecins, infirmières, psychologues, assistantes sociales, cadres et diététiciennes, et a choisi de se rendre le mercredi 25 mai à la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales au ministère de la santé à Paris mais localement à Saint-Dizier cette année, nous ne ferons pas de dépistage car se dépister aujourd’hui c’est accepter le principe de la double peine. On dépiste une hépatite C mais dans 80% des cas les hépatites qui sont dépistées en 2016 sont des hépatites minimes qui ne sont pas éligibles aux traitements pourtant si efficaces.

Alors le 23 mai, l’équipe de l’UTEP sera dans le centre-ville de Saint-Dizier à côté d’autres associations pour dépister l’obésité et en faire connaître les risques et les possibilités de prise en charge !

Pascal Mélin

PHILIPPE

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

 « Ma fatigue gâche mes années les unes après les autres »

Je m’appelle Philippe Sérié, pseudo « filousky », et en dehors de mon statut d’invalide depuis 2007, je suis modérateur bénévole sur psychoactif.org et membre créateur de Principes Actifs (cannabis thérapeutique). J’ai 62 ans.

Historique :
VHC attrapé certainement vers 1983/1984 suite à des échanges de seringues.
Dépisté en 2001 suite à une méga fatigue et une mise sous TSO méthadone.
Analyses, biopsie, etc…. VHC Type 1a CV : 6 log10

1° traitement INF+RIB fin 2001 arrêté pour non réponse au bout de six mois avec E.S. épouvantables (perte de cheveux entre autre)
Vie monastique au niveau hygiène depuis ce moment. De F2, je repasse à F1/F2 et Fibroscan : 4,9
Malgré ces résultats et des analyses de sang montrant une normalisation des AST, ALAT et Gamma GT, toujours autant de fatigue.
En 2012, suivi au CHB de Paul Brousse (Villejuif), le docteur Duclos Vallée, me préviens que l’on va initier une trithérapie assez hardis sur moi. Je dis bêtement oui et me tape 12 mois INF+RIB + 3 mois de Télaprévir.

Charge virale = 0 à partir de la S4 et retour à 6 log 10 en 4 semaines après l’arrêt du traitement.

Ma dernière visite au CHB e Villejuif en avril 2014 montre une CV toujours au même point, un Fibroscan à 4,9 et des analyses sanguines « normales ». Vu la tronche que je faisais suite à cet échec de traitement et tout en ayant 10 kg à regrimper, l’équipe me dit : pas de soucis, les nouveaux traitements font guérir à 100%, rendez-vous dans un an.

Ayant déménagé en Lozère, je fais transférer mon dossier au CHU de Clermont Ferrand ou je suis reçu fin 2015 pour m’entendre dire que ce traitement, je n’y avais pas le droit et que ma seule chance serait un protocole de laboratoire pour lesquels un patient sous TSO ….. !

Voilà où j’en suis, avec un prochain RDV de suivi en décembre 2016 et mon moral sous le bras. Parce que dans cette sélection implacable, les choix sont faits sur des chiffres sortants de machines, mais aucune prise en compte des conséquences dépressives, parfois gravissimes d’un refus après 15 ans de suivi sans rater un RDV et en jouant le jeu 100%.

Ma fatigue gâche mes années les unes après les autres.

Philippe Sérié


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

CHANTAL

L’orthographe et la ponctuation de l’auteur ont été respectées

« Trop chère pour madame la Ministre de la santé »

Une contamination par transfusion en décembre 1974, que l’on découvre……en 2012. Pourquoi pas de dépistage avant lors d’hospitalisation par exemple ?

2012 : Pas assez atteinte, génotype 1 sous type 1a fibrose F1.

Entrer dans les critères de soins ça veut dire quoi ?

En décembre 2015 le fibrotest dit F3 et pas moyen d’obtenir un RV pour un fribroscan, ça veut quoi ? Barrage volontaire…c’est toujours autant de temps perdu pour moi.

Galère je souffre de troubles intestinaux invalidants, je guette les toilettes partout où je vais…etc.

J’ai 72 ans, je suis active, je rêve de vivre une vrai vie sans virus, j’en ai assez de ce fardeau, mais trop chère pour madame la Ministre de la santé.


Mise à jour 2020 : “Aujourd’hui en France, toute personne atteinte de l’hépatite C a accès aux derniers traitements, qui sont courts, efficaces et bien tolérés. Parlez-en à votre médecin !”

LE SIGNE DU GLACON…

Le signe du glaçon vous connaissez ? Vous vous attendiez à ce que j’évoque la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales du 25 mai ? Ou bien encore le coût ou l’accès au traitement ? Et bien non ! Parlons des glaçons avant la pleine saison des barbecues et des apéros entre amis.

Le mois de mai, c’est dans les services hospitaliers, l’arrivée des nouveaux internes et donc la formation au lit du malade. J’arrivais dans la chambre d’un malade accompagné du nouvel interne du service. Le patient est atteint d’une cirrhose grave en stade de décompensation. Son ventre est bombé, plein d’ascite, toute cette eau dans son abdomen l’empêche de bouger et de respirer je prends donc la décision de le ponctionner pour le soulager. Avant je l’examine et j’appelle l’interne en lui disant : « Viens, regarde, il y a un signe du glaçon franc ».

Je vous explique. Lorsqu’un glaçon est dans un verre, si vous donnez une impulsion verticale vers le bas sur le glaçon, celui-ci disparait dans l’eau avant de remonter et de revenir brutalement en contact avec votre doigt. Voilà c’est ça le signe du glaçon. Quand un foie baigne dans de l’ascite et que le patient est couché, on peut palper le foie et lui donner une pichenette vers le bas, le foie vas alors disparaitre dans le liquide puis revenir heurter vos doigts, c’est le signe du glaçon. Le patient écoutait très intéressé les explications que je donnais à l’interne du service. Il a alors eu ce mot : « Si j’ai bien compris, vous allez m’enlevez le liquide et laisser les glaçons, c’est comme moi je laissais les glaçons… »

Je me suis assis au bord de son lit et nous avons à nouveau eu une conversation sur l’état de son foie.

Dans sept jours nous serons au ministère de la santé pour la Journée nationale de lutte contre les hépatites virales tandis que d’autre seront sur le terrain pour appeler au dépistage, à l’accès aux soins, à la vaccination… Mais moi je penserai à ce malade avec le signe du glaçon…

Pascal Mélin